La maison du village et du Sabotier

La maison du village

Cette partie veut évoquer des souvenirs de Gournay :

Des photos d’époque aux murs : les habitants, l’école, les curés, …

Gournay avance vers l’avenir : des photos agrandies à travers les hublots du petit train, œuvre réalisée par Laurence, ancienne secrétaire à la mairie

Des documents de la mairie : le courrier avec les services administratifs et les habitants : remarquons la belle écriture d’époque

L’histoire du petit soldat : les périples de Daniel Simon, habitant de Gournay, sous les armes au moment de la 2ème guerre mondiale.

L’histoire de Gournay, les origines, les châtelains, les habitants, l’église Saint Julien, la maladrerie, la chapelle Saint Abdon et Saint Sennen, Les curés, les traditions.

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Le musée du Sabotier

La maison des sabotiers Jean Chaise et son fils Fernand a été achetée par la commune de Gournay pour préserver l’atelier du sabotier.

Fernand a exercé jusqu’à la fin de sa vie. L’échoppe comprenait la pièce de devant, séparée par un mur de la cuisine à l’arrière.
Tout leur outillage a été conservé. Il n’y avait pas de machinerie sauf la machine à coudre de Marie-Louise, dite la Médinette, qui l’utilisait pour coudre les dessus en cuir des sabots. La façonneuse et la creuseuse sont rapportées d’un atelier de Tours pour faire voir l’évolution industrielle de ce métier.

L’utilisation des sabots remonte aux Gaulois. On imagine souvent le sabotier travaillant dans son échoppe dans le village, mais pendant des siècles les paysans fabriquaient les sabots eux-mêmes. Sans outillage spécialisé, c’était long et fastidieux. Il était plus facile pour le paysan qui en avait les moyens d’acheter les sabots pour toute la famille aux enfants et aux femmes qui passaient de ferme en ferme pendant que les hommes travaillaient dans la forêt. Comme il y a des forêts et des bois partout en France, les sabotiers étaient présents dans toutes les régions. Au XVIIIe siècle, comme les charbonniers, les sabotiers vivaient en forêt et formaient un corps du compagnonnage.

Le sabotier s’installait aux abords de la forêt pour éviter le transport du bois. Il vivait souvent en famille et se construisait une hutte sur place : le volume est à rapprocher de celui des maisons de pierre. Les murs de fougères et des genêts font un mètre de hauteur, la toiture est à double pente. La fumée s’échappe par une ouverture pratiquée dans le toit, le foyer est au milieu de l’aire de la hutte. Il est entouré de pierres disposées suivant une forme circulaire. La porte est faite de branches de genêts enfilées dans les traverses qui lui donnent sa forme. Les hommes s’occupant du façonnage, leurs femmes et enfants allaient de maison en maison pour vendre la marchandise. Il existait des communautés de sabotiers qui se déplaçaient de forêt en forêt, où ils trouvaient à la fois un refuge et la matière première gratuite. La forêt étant la propriété d’un seigneur ou d’un monastère, ils ne demandaient évidemment pas l’autorisation et souvent le propriétaire ne constatait le passage des sabotiers qu’après, découvrant une clairière plaine de copeaux et des souches d’arbres. On disait que le bois avait été saboté (origine du mot « sabotage »). Une autre version pour l’origine du mot sabotage date du temps de la révolution industrielle au 19ème siècle. Les ouvriers allaient travailler en usine en sabots. Leur façon de faire grève était de bloquer les machines avec leurs sabots, donc faire du sabotage.

Au 19ème siècle, pour contrer le sabotage, le métier fut réglementé et les ateliers durent être installés à une distance d’au moins une demi lieue des forêts.

Les sabotiers s’installaient alors dans les villages. Au 19ème siècle lorsque l’usage de sabots se généralisa, chaque village avait besoin de son sabotier. Les sabots ne duraient pas longtemps, ça s’usait vite. Il fallait plusieurs paires par an, mais ils étaient réparés si cela était possible. Un ouvrier consommait facilement 5 paires par an. Les sabotiers ne manquaient pas d’ouvrage.

Fabriquer un sabot n’est pas une tâche facile. L’apprentissage était long. Les apprentis étaient souvent fils de sabotier.

Le sabotier achetait son bois sur pied. Il fallait du vieux bois. L’arbre était abattu avec la cognée et ensuite débité avec la grande scie de 1m60 ou une scie plus petite en billes de 12 à 15 pouces (35 à 40 cm), selon de ce qu’il avait besoin. Il mesurait avec la pige (ou jauge, voir sur le billot). Le sabotier doit œuvrer d’une main légère, pour éviter tout éclatement intempestif.
Pour affûter ses outils il avait la couar avec la pierre à fusil. Les bois favoris étaient l’orme, l’aulne, le frêne, le bouleau (le plus léger) et le peuplier, des bois pas trop durs ni pas trop lourds. Mais on utilisait même le tilleul, le pin et le sapin. Le bois de peuplier est plucheux, ce qui fait moins glisser sur un sol humide ou neigeux (souvent utilisé par les pêcheurs et dans les usines). Le chêne, le charme, le hêtre et le noyer étant des bois plus lourds étaient utilisés pour les sabots du dimanche, donc portés moins souvent. La bille était fendue en bûches ou plots (voir la réserve de plots) à l’aide d’un merlin, ou à l’aide de coins plats ou en étoile qui étaient enfoncés à l’aide d’un maillet en bois.

LA TAILLE

La bûche était alors ébauchée avec une herminette (4) et avec une large hache au court manche terminé par une boule pour contrebalancer le poids du tranchant, appelé « hache à bûcher » ou « hache à épaule de mouton ». Puis le sabot prenait sa forme grâce au parrain (ou paroir), grande lame de 80 cm fixé dans l’anneau du billot (établi, chèvre). Grâce aux combinaisons des mouvements du crochet et de l’anneau, le paroir peut travailler dans tous les plans horizontaux et verticaux. Toute la forme extérieure était faite ainsi. Pour le talon il utilisait le paroir appelé la talonnière.

LA CREUSE

Ensuite il coinçait le sabot dans la presse du billot pour s’attaquer au creusage : il perçait les trous avec la tarière (amorçoir), sorte de vrille de 40 cm et les agrandissaient à la cuiller (cuillère, gouge). Les cuillers avaient des gabarits différents. Le logement du pied était fignolé au talon avec le boutoir, et l’avant (intérieur) avec la rogne (ou rouanne, ou ruine), le tout fignolé avec la rainette. La pointure était en cours d’opération vérifiée avec la pige (ou jauge).

LA FINITION

La finition intervient sur le sabot bien sec. Une mince lame d’acier, le racloir polissait le dessus pour faire disparaître les coups de paroir pour obtenir une surface bien lisse. Au couteau à saigner on décorait le sabot de petites incisions. On passait parfois les sabots à la cheminée. Accrochés dans le foyer, la combustion de morceaux de cuir dégageait une fumée brune qui colorait les sabots. On le gardait plusieurs mois avant de le mettre en vente. Les sabots du dimanche étaient vernis ou noircis.
Les habitants du bourg faisaient ferrer leurs sabots avec des ferrures en caoutchouc : silence et confort. On pouvait aussi faire mettre une plaquette de fer ou un bout de vieux pneu d’auto sur la semelle, ou une tôle récupérée dans une boîte de conserve.
Après essayage le sabotier ajuste, rectifie à la demande. Tout un chacun trouve sabot à son pied, sur mesure. Les sabots 100% achevés étaient rangés pour sécher trois ou quatre mois. Sec on ne pouvait plus les travailler.

Il existait plusieurs sortes de sabots : le sabot tout en bois, les coussins sur lesquels était mis une bride de cuir, le sabot dont seule la semelle est en bois et le dessus et les côtés étant en cuir, et les claques qui sont des sabots sans arrière soit tout en bois, soit avec une bride. Les bourbettes étaient des sabots en bois avec cloués dessus des guêtres en cuir, pour les marins ou des ouvriers travaillant dans la boue.

La galoche était le compromis entre la chaussure et le sabot, l’empeigne était de cuir avec la semelle en bois qui donnait un certain confort déjà : plus léger et chausse mieux au pied. La semelle pouvait être pivotante.

Étaient demandés aussi quelquefois les sabots de contrebandier, utilisés pour toute sorte de contrebande, sortie en zone frontalière. Quelle est la particularité ? Le talon est monté à l’opposée pour tromper les pistes.

Dans les années 20 arrive l’automatisation. Les machines permirent de quadrupler la production de 2 paires par heure à huit paires par heure. D’abord à vapeur, après à l’essence, ensuite à l’électricité. La bûchette est disposée dans la façonneuse ou bûcheuse à côté du gabarit dont elle va acquérir la forme extérieure. La creuseuse intervient alors selon le même principe du pantographe : l’un des doigts mécaniques suit les contours intérieurs du gabarit pendant que l’autre creuse. L’aspect général du sabot est là mais la finition se fera à la main comme depuis toujours.

Le sabot connaît une période faste jusqu’à la Grande Guerre, après petit à petit c’est le déclin, et avec la généralisation de l’usage du tracteur, porter des bottes est plus pratique que de porter des sabots. C’est le coup de grâce pour les sabotiers. Aujourd’hui les sabots ne survivent guère que lors des fêtes traditionnelles ou sous forme de miniatures pour touristes.

Le patron des sabotiers est Saint René. Cet évêque d’Angers se serait retiré dans la solitude de Sorrente en Italie, vers l’an 440, pour façonner des sabots.

Étymologie : le mot sabot vient du croisement phonétique de la savate et « bot » (= difforme) qu’on trouve encore dans le mot pied-bot.

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